Voici notre courrier envoyé aux programmateurs des salles où les spectacles de La Volige ont été annulés. Avec des premiers retours très positifs et une démarche collective et solidaire avec avec les autres compagnies.

 » Bonjour à toutes et à tous,

 

Vous êtes nos partenaires de diffusion et de production du spectacle vivant et passé le moment d’hébétude créé par cette crise, nous souhaitons faire avec vous un premier état des lieux.

 

A ce jour nous avons annulé plus de 25 représentations, Qui va garder les enfants ?, Une vie politique, A nos Classiques!, Mes nuits avec Patti, Mes ancêtres les gaulois qui venait d’être créé, ainsi qu’une semaine d’action culturelle en collège et des ateliers en lycée, et la liste risque de s’allonger.

 

Bien évidemment, ces annulations vous les connaissez et vous êtes les premiers concernés, puisque c’est chez vous que nous nous réjouissions de venir jouer.

 

Derrière la réalité des chiffres, beaucoup d’émotion, de tristesse, mais aussi beaucoup d’inquiétude, surtout si la situation est amenée à se prolonger. Pour ne pas mettre en difficultés nos collaborateurs artistes et techniciens intermittents (heures et revenus), nous souhaiterions pouvoir honorer les cachets et les heures engagées auprès d’eux. L’argument du cas de force majeur qui nous libère de nos responsabilités d’employeur vis à vis de leurs contrats de travail, ne nous semble pas correspondre à la réalité de la situation, ni aux valeurs de solidarité que nous souhaitons cultiver. Cependant, nous ne pourrons honorer seuls nos contrats sans mettre en danger l’équilibre financier de la compagnie. Outre les intermittents que nous engageons sur les tournées, il y a plusieurs permanents, des prévisions financières en vue d’un Avignon éventuel et de nouvelles créations en cours de production.

 

Nous avons donc commencé à discuter avec bon nombre d’entre vous. Certains reports sont en cours, mais nous sommes bien conscients, que si tout le monde reporte, il y aura embouteillage pour les lieux et pour les compagnies. D’autres envisagent une annulation pure et simple. D’autres encore un paiement des cessions.

Aussi notre position et celle des autres compagnies en général, est de demander aux lieux d’honorer les contrats en cours. Qu’ils soient signés ou pas. Même à un coût moindre. Les recommandations du ministère de la culture, de la Drac et des syndicats envers les lieux du secteur subventionné vont d’ailleurs en ce sens. Et si il y a des obstacles administratifs, alors cherchons ensemble comment les surmonter, après tout, à situation exceptionnelle, solution exceptionnelle. Car c’est avant tout la cohérence et la solidarité professionnelle qui doit primer en cette période d’où beaucoup vont sortir fragilisés.

 

Nous avons bien conscience de ne pas faire partie des compagnies les plus en danger, mais nous souhaitons également porter par cette position la parole des plus précaires, dans un système où le régime de l’intermittence est une règle implicite et collective qu’il faut à l’heure actuelle préserver.

 

Pour finir, nous tenions à remercier tous ceux qui se sont déjà spontanément manifestés dans le sens de nos besoins. Nous leur en sommes extrêmement reconnaissants.

 

Bon courage à toutes et à tous dans cette période si particulière.

 

Bien à vous,

 

Pour l’équipe de La Volige

Nicolas Bonneau et Fanny Chériaux, co-direction artistique

Noémie Sage, direction de production et administration